L'ancien blog de Jerome@Paris !

Ciné, télé, livres, humeurs et... Paris sera toujours Paris !

26 novembre 2005


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SUR LA LIGNE 3...

Comme tous les matins je me dirigeai vers la bouche de mon métro pour aller bosser. J'ai une sainte horreur de courir ; c'est donc avec une certaine décontraction que je me dirige calmement vers la borne automatique, mon iPod à fond sur les oreilles, mon 20 Minutes sous le bras. Autour de moi, beaucoup de gens courent, doublent, bloquent d'autres personnes à la borne et en énervent d'autres, crient, parlent fort au téléphone... mais je les ignore. En parfait pseudo-autiste, le monde autour de moi se résume uniquement à la musique que j'écoute, à la journée qui s'annonce et à l'espérance de trouver une place assise dans le métro pour entamer la lecture de mon journal quotidien.

Mais alors que j'allais attaquer l'angle des escaliers pour rejoindre le métro de ma ligne, une jeune femme, apparemment beaucoup plus pressée que moi, s'étale de tout son long, pile poil devant moi ! La chute a été assez rude et, instinctivement, je ne pus m'empêcher de me précipiter la voir. De plus, particularité de notre monde très égoïste, beaucoup passaient devant nous comme s'ils n'avaient rien vu...
Essayant de se relever tant bien que mal -elle s'était apparemment foulée la cheville-, je découvris ainsi une jeune femme assez mignonne, 25-28 ans à peu-près, habillée "tendance" -avec notamment un chemisier cintré très moulant dont un des boutons avaient pété...-, brune, cheveux longs bouclés, maquillage discret et bottes à talons haut. (Aie, aie, aie... Je sais les filles, c'est pas très pratique à porter, ça coûte une fortune pour en porter des confortables mais... j'adore ça. Une tendance SM ? Je sais pas, mais une femme avec des talons, ça m'a toujours excité...)
Sauf que là, ça à coûté un gros gadin à Éléonore (j'invente son nom...). Je lui propose d'appeler les secours, sors mon portable mais elle me bloqua dans mon élan en me disant "ça va, c'est pas la peine". Elle m'offre un splendide sourire gêné mais peut-être masquait-elle une douleur trop intense tout en essayant de garder une certaine dignité ? Je l'aide à se lever, ce qu'elle ne refusa pas. Durant son effort, elle entendit le métro partir et ne pus s'empêcher de marmonner "tout ça pour un métro...".

On se dirigeait ainsi tous les deux vers la rampe de l'escalier. Mais visiblement gênée par -autant ?- d'attentions -et sans arrière-pensées en plus !-, elle m'offrit de nouveau son sourire et me remercia pour mon aide. En fait, je compris tout de suite que derrière cette gratitude prononcée, elle désirait "finir" son trajet seule, apparemment déçue... De quoi ? Des gens qui l'ont ignorée ? du métro raté ? de cette foulure causée pour essayer d'arriver à l'heure au boulot ? Je n'en savais rien. Je la laissa, m'assurant une dernière fois que ça irait pour elle, lui souhaita une "meilleure fin de journée" -ce qui l'a fait de nouveau sourire- et descendit les escaliers, direction le quai du métro.
Quelques secondes plus tard, attendant toujours sur le quai, elle me rejoignit, du moins, à deux mètres de moi. Je lève les yeux de mon journal et la vit. On se sourit mutuellement. Puis, son regard se détourna vers le tunnel, au loin, pour voir si un autre métro arrivait. Je fis de même. J'en profitais pour regarder le mur des représentations théâtrales -toujours aussi rempli d'ailleurs-, je lis mon magazine, et leva les yeux de nouveau vers Éléonore. Elle me regardait. Sourire.

Que faire ?

Le métro arriva. Et merde, quand on l'attend, il est jamais là mais quand on veut qu'il soit en retard, il est à l'heure !
Je montai dans l'entrée 1 du premier wagon. Elle, dans l'entrée 2. Toujours à deux mètres de moi. Heureusement pour elle, des places assises étaient disponibles. Elle s'assit, moi je restait debout, mon changement de station n'étant pas loin. Je m'adossai contre une des parois. Commençai à détailler quelques articles du 20 Minutes. Europe. Déjà, on arrivait à la station suivante. Puis on redémarra. Je lis encore et leva les yeux... les tourne vers la droite... puis vers elle. Son regard était perdu au-dehors mais d'un coup, elle se tourna vers moi et me sourit à nouveau. Je fis de même. On arrivait à Saint-Lazare. L'horreur, LA gare des banlieusards qui allait remplir d'un coup la rame. Et ce fut le cas : une masse humaine s'engouffra et me plaqua contre un pilier.
Je ne la vis plus, trop de monde. Le métro repart. Et quelques secondes suffirent pour atteindre ma destination. Havre-Caumartin. Dès l'ouverture des portes, beaucoup sortirent, moi aussi. Peut-être elle aussi ? Mais sur le quai, je la vis, assise, à l'intérieur. Elle n'était pas sortie. La scène a alors duré quelques secondes : elle me dit "merci" d'un signe de la bouche, suivi d'un sourire et d'un clin d'oeil.
La sonnerie retentit, les portes se refermèrent. Le métro continua son chemin.

Posté par jeromeparis à 19:11 - Chroniques d'un Parisien - Permalien [#]